le 23/07/2024 à Paris

J’ai décidé que chaque semaine, je prendrai un temps pour m’asseoir sur un banc mais pas 5 minutes avec toi pour regarder les gens tant qu’y en a, plutôt pour attendre la rencontre d’une personne qui souhaiterait discuter, raconter, ou encore se souvenir.
Et pour une première, cette semaine est un peu particulière car je suis en déplacement, depuis Saint Malo, je file dans le sud pour un mariage. Avant de prendre 15 degrés dans la vue en sortant du train à Avignon je dois traverser Paris pour changer de gare.
J’ai pris l’option taxi, mon dernier passage par le métro s’étant soldé par une panne et un train raté. Quelle bonne idée ce fut ! le taxi, un des poumons de la capitale, la température sociale et touristique d’un ville.
Ma rencontre assise se fait donc aujourd’hui au travers du rétroviseur intérieur d’une Skoda, plus propre que ma dernière tournée de linge à 90, en mode actualité, car oui, de quoi parler d’autre sinon des JO ?
La morosité ambiante des restaurateurs dépeinte par France info à la radio depuis hier n’est pas démentie, J le chauffeur de taxi me raconte « c’est catastrophique, vous entendez parler de la difficulté que rencontrent les commerçants parisiens depuis hier à la radio mais ça dure depuis le mois de juin ! » d’ailleurs sa première question lorsque je lui ai dit que j’avais besoin d’aller à la gare de Lyon a été « vous aussi vous fuyez la capitale ? » (alors oui, seulement c’est une habitude, donc pas de changement dû aux JO… mais je le garde pour moi)
En effet selon lui les parisiens ont déserté juste avant les « grandes » vacances et les touristes ne sont toujours pas là. Ajoutez à cela « les élections du gars qui a appuyé sur le bouton rouge et demande aujourd’hui à tout le monde de faire une trêve » et vous avez une idée du ressenti de J depuis début juillet. « les experts en tout et rien nous assurent qu’avant chaque événement mondial majeur, il y a une période de flottement qui dure jusqu’à J-8… seulement nous sommes à J-3 et c’est toujours vide ici ».
Je lui demande s’il ressent ce vide autant que les restaurateurs dont on parle tant cette semaine
« vous savez nous sommes le reflet de la dynamique d’une ville, et nous tournons à -60%, comme eux… en début d’après-midi j’étais gare de Lyon, j’ai attendu 2h15 avant de faire monter un client. J’ai des collègues qui sont allés à l’aéroport de Roissy ce matin, il ont fait du 3h40 de stand by ! certains jours je ne rentre pas dans mes charges. Je pourrais aussi vous parler de mon ami qui a un hôtel dans le 7ème arrondissement de Paris. L’été il s’inquiète quand il tourne à 80% de remplissage… là il est à 60% ! »
J fait des journées à rallonge pour compenser ses heures d’attente du client, et je suis bien contente d’avoir pris cette option en ce 23 juillet.
Avant qu’il me dépose à cette gare qui me permettra à mon tour de quitter la capitale il me reste une question sur un effet positif de ces JO selon lui ; ça y est, il sourit à pleines dents et me dit « nous avons vos policiers, ceux de province, ils sont venus en renfort et vraiment, ça change ! ils parlent calmement, ils ont le sourire et on sourit avec eux ! »
Je peux partir rassurée, au prochain feu rouge, J et son prochain client croiseront peut-être un policier breton pur beurre.

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